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Cercle de feu, cercle de soins: soutenir le bien-être des pompiers forestiers autochtones

A propos de cette discussion

Les communautés autochtones sont touchées de manière disproportionnée par les feux de forêt de plus en plus, compte tenu du « nouveau normal », soit des saisons de feux de forêt intenses dues aux changements climatiques. De même, les Autochtones eux-mêmes sont de plus en plus encouragés, par leurs communautés et par les organisations, à s’engager dans le domaine de la lutte contre les incendies de forêt. La culture organisationnelle entourant la lutte contre les incendies de forêt est largement ancrée sur les valeurs paramilitaires occidentales, qui sont très différentes du brûlage dirigé et des principes de gestion responsable des incendies. La colonisation a entraîné une dévalorisation de ces pratiques traditionnelles et une histoire difficile de lutte contre les incendies de forêt, forcée ou contrainte, dans les communautés autochtones.

Actuellement, les pompiers forestiers autochtones composent avec cette histoire vécue en même temps qu’ils font face à des enjeux importants dans la lutte contre les incendies de forêt. Ils doivent faire face à des conditions dangereuses et extrêmes, l’épuisement et le surmenage causés par les longues journées exigeantes physiquement et peu propices au sommeil, aux risques pour la santé liés à la fumée et à l’exposition aux substances chimiques, à la solitude et à l’isolement pendant de longues périodes loin de leurs proches et de leur communauté. Selon plusieurs pompiers forestiers, l’exclusion de l’avancement professionnel, les incidences de racisme et de discrimination envers les Autochtones, et le manque de compréhension et de reconnaissance des pratiques autochtones en gestion des incendies de forêt comptent parmi les enjeux qui exacerbent également le problème.

Lors de cette table ronde, nous examinerons :

  • Les enjeux et les facteurs de stress particuliers auxquels font face les pompiers forestiers autochtones.
  • Les recommandations et les pratiques pour soutenir la culture et le bien-être des pompiers forestiers autochtones.
  • Les appels pour la décolonisation des services de lutte contre les incendies de forêt, et pour respecter les principes de gestion menée par les Autochtones dans la lutte contre les incendies de forêt.

11 décembre 2025

Panélistes

Aîné Paul Courtoreille
Coordinateur du programme incendie, Gift Lake Development Corporation
L’Aîné Paul Courtoreille est membre de la communauté métisse du Gift Lake Metis Settlement. Il est gardien du savoir en incendie et pompier forestier depuis 47 ans, dont 14 ans à titre d’agent forestier et garde-feu pour le gouvernement de l’Alberta. Au cours de ses années de service en gestion forestière, il a également occupé les postes d’enquêteur en incendie de forêt, d’agent de la paix, de formateur en plus de jouer divers rôles de coordination auprès de différentes équipes. Il est actuellement coordonnateur des programmes en incendie pour la Gift Lake Development Corporation dans le nord de l’Alberta. En 2024, il a reçu le prix Okimâw pour service et sécurité publique, qui reconnaît les réalisations exceptionnelles des hommes autochtones en Alberta.

Dre Natasha Caverley
Présidente, Turtle Island Consulting Services Inc.
Natasha détient un doctorat multidisciplinaire en Études organisationnelles de l’Université de Victoria. Natasha a travaillé dans différents domaines, notamment la recherche et en analyse des politiques et en développement organisationnel et la facilitation communautaire, au sein d’organisations autochtones, non autochtones et de la fonction publique, spécialisées en résolution de problèmes et en gestion et comportement organisationnel. Elle est membre professionnelle agréée de l’Association canadienne de counseling et de psychothérapie et détient le titre de Conseillère canadienne certifiée (C.C.C.), spécialisée en comportement organisationnel, en orientation et en perfectionnement professionnels, et en counseling multiculturel. Natasha est présidente de Turtle Island Consulting Services, Inc. Elle est aussi la chercheuse principale du projet Giving Voice to Cultural Safety of Indigenous Wildland Firefighters in Canada, et elle fait partie de l’équipe de rédaction technique pour Blazing the Trail : Celebrating Indigenous Fire Stewardship, d’Intelli-feu Canada.

Kieran Davis
Coordonnateur des urgences sociales
Ji-Adisidooyang Ge-Onji Mino-Ayaayang Health – Grand Council Treaty #3
Il est originaire de la bande Lac Seul de la Première Nation de Sioux Lookout, et a été pompier forestier et pompier de bâtiments, avec une expérience en soutien aux évacuations et en gestion des urgences. Il occupe actuellement le poste de coordonnateur des urgences sociales pour le Grand conseil du traité no 3 sur la santé Ji-Adisidooyang Ge-Onji Mino-Ayaayang. Il est membre du Grand conseil du traité no 3 et de son conseil 2SLGBTQIA+, qui soutient et défend les jeunes Autochtones. Kieran a également siégé au Conseil des jeunes des Premières Nations de l’Ontario, et au Conseil de la jeunesse de l’Ontario. Il est coauteur du balado When the Frogs Sleep. Dans ce balado, il parle avec les gardiens du savoir, et d’autres invités ayant des expériences vécues, qui partagent avec les jeunes Autochtones le savoir culturel, les expériences et la sagesse en matière de genre, d’identité, et de culture.

Joe Micucci
Technicien en feux de forêt
Service des incendies de forêt de la Colombie-Britannique
Jonas Joe est membre de la Nation Nłeʔkepmxc (« Peuple du ruisseau ») (prononcé Ng-khla-kap-muhx) de la Vallée Nicola, le peuple salish de l’intérieur au sud de la Colombie-Britannique. Il a passé 20 ans sur l’équipe de 20 personnes de l’unité Fire Devils comme pompier saisonnier. Il a aussi travaillé pendant dix hivers au Département de gestion de la végétation des First Nations Emergency Services Society (FNESS) de la Colombie-Britannique. Il a collaboré à l’élaboration du programme Intelli-feu, qui permet aux communautés de réduire le risque d’incendies de forêt. Il a aussi parcouru la Colombie-Britannique pour enseigner la prévention des feux de forêt. Jonas travaille actuellement comme technicien forestier au sein du Service de lutte contre les incendies de forêt de la C.-B. Il est également membre de l’équipe technique d’Intelli-feu Canada, Blazing the Trail : Celebrating Indigenous Fire Stewardship, et membre du conseil d’administration de la FNESS.

Facilitatrice  :  

Kara Vincent
Courtiére de connaissances
l’Institut canadien de recherche et de traitement en sécurité publique (ICRTSP)

Ressources provenant de cette discussion virtuelle

Cette vidéo reconnaît la contribution des pompiers forestiers autochtones qui a façonné la formation de la lutte contre les feux de forêt et la profession de pompier forestier, dans la province de l’Alberta, au Canada.

Grâce à la participation d’auteurs et de pairs évaluateurs de partout au pays, cette ressource est le fruit d’une initiative nationale d’Intelli-feu Canada visant à reconnaître et à mettre en évidence les contributions des communautés autochtones à la prévention des incendies de forêt au pays qu’on appelle aujourd’hui, Canada. Cette histoire détaillée à la première personne donne une idée et présente le contexte concernant la gestion des feux des Peuples autochtones. De plus, le narratif encourage la célébration et le partage des anciennes pratiques sensées et des leçons apprises, transmises de génération en génération. [En anglais]

Ce rapport découle d’un projet d’équipe multidisciplinaire et collaboratif, mené par Dre Natasha Caverley (Turtle Island Consulting Inc.). Il s’agit d’une première étude du genre qui porte sur les expériences vécues, les besoins et les priorités des pompiers forestiers autochtones. Elle propose aussi des recommandations pour le personnel autochtone de la lutte contre les feux de forêt.  [En anglais]

Dans ce balado réalisé au Canada, les animateurs, Matthew Kristoff et Dre Amy Cardinal Christianson, invitent différents conférenciers pour apprendre comment le feu peut soutenir la santé écologique et l’émancipation culturelle par les Peuples autochtones dans le monde entier. On utilise le terme « feu utile » pour décrire un incendie allumé dans le but d’atteindre des objectifs écologiques et culturels précis. Le feu utile est une question d’équilibre.

Dans cette vidéo, regardez et écoutez les histoires et les expériences en brûlage dirigé dans la bande autochtone à Shackan, en Colombie-Britannique, au Canada.

Cet énoncé de position exprime l’engagement de l’International Association of Wildland Fire (IAWF) à promouvoir la santé et le bien-être. Il vise ceux et celles qui travaillent dans le domaine de la lutte contre les feux de forêt, leurs familles et les communautés qui les soutiennent.

Cette vidéo examine le rôle important que jouent les pompiers forestiers métis dans la protection du territoire et des propriétés des peuples, partout dans les Prairies canadiennes. Cette vidéo met en vedette les pompiers forestiers métis du Canada. Ils partagent leurs perspectives individuelles et collectives sur la façon dont le savoir écologique autochtone et les valeurs culturelles influencent leur travail et leurs identités en tant que pompiers forestiers.

Ce site Web se veut une boîte d’outils pour revitaliser le brûlage dirigé : appliquer les pratiques autochtones en matière de lutte contre les incendies et la gestion des feux de l’Ouest, dans le delta de la rivière Saskatchewan (le nord de la Saskatchewan, au Canada).

 

Bibliographie

La discussion nationale sur la gestion des incendies au CIFFC : « Giving Voice to Cultural Safety of Indigenous Wildland’ », le 24 février 2022. Accessible (en anglais) au : https://www.youtube.com/watch?v=N_IMpXal1Cw 

Le projet d’équipe du TICS Inc. (2021) Giving Voice to Cultural Safety of Indigenous Wildland Firefighters in Canada: Final Report. North Saanich, BC: Turtle Island Consulting Services Inc. Accessible (en anglais) au : http://www.turtleislandconsulting.ca/cultural-safety.html

Wagner SL et coll. (2025) Mental health risk for wildland firefighters: a review and future direction. International Journal of Wildland Fire 34, WF24159. doi:10.1071/WF24159

Ce qu’on a appris 

Objectifs 

Lors de cette discussion virtuelle, les panélistes, l’Aîné Paul Courtoreille (Gift Lake Development Corporation), Dre Natasha Caverley (Turtle Island Consulting Services Inc.), Kieran Davis (Grand Council Treaty #3), Jonas Joe (British Columbia Wildfire Service), animée par Kara Vincent (ICRTSP), ont examiné les enjeux et les facteurs de stress particuliers que vivent les pompiers forestiers autochtones, ainsi que les sources de résilience qu’ils apportent à ce travail.  

Reconnaissance 

La séance a débuté en reconnaissant l’impact répandu des feux de forêt. On a ensuite cité Intelli-feu Canada, qui souligne la contribution des communautés autochtones à la prévention des feux de forêt au pays : «Les peuples autochtones au Canada sont touchés de manière disproportionnée par les feux de forêt, alors que leurs communautés sont souvent situées dans des endroits sujets à des feux de forêt ou de végétation». Suivez le lien (en anglais) : Blazing the Trail, Celebrating Indigenous Fire Stewardship. Les Premières Nations, ainsi que les peuples métis et inuit représentent environ 5 % de la population au Canada, pourtant, 33 % des situations d’évacuation se sont produites au sein de communautés autochtones. De plus, au Canada, 83 % des personnes évacuées à cause de la fumée provenaient de communautés autochtones. « 

Messages clés à retenir 

  • Le feu joue un rôle intégral dans plusieurs cultures et pratiques autochtones, et la culture autochtone détient des connaissances et une expertise intergénérationnelles importantes en matière de pratique de brûlage dirigé visant à promouvoir la santé des forêts. 
  • Les politiques et les pratiques coloniales en gestion des forêts ont mis l’accent sur l’extinction des incendies, la lutte contre les incendies forcée/contrainte au sein des communautés autochtones, et l’interdiction d’utiliser les pratiques de brûlage culturelles.  
  • Les pompiers forestiers autochtones disent ressentir de la frustration quant au peu de possibilités de carrière, à devoir subir des incidents de racisme, et à constater que les pratiques et les connaissances écologiques autochtones sont ignorées; ils se disent préoccupés par l’avoir «échappé belle», par le risque de blessure, ainsi que par l’impact à long terme de la lutte contre les feux de forêt sur leur santé mentale et physique.  
  • Certains aspects de la lutte contre les feux de forêt en font une carrière de choix pour de nombreux Autochtones. Ceux-ci incluent l’occasion d’aider leur communauté, la possibilité d’être près et de se rapprocher de la terre, et l’occasion de travailler aux côtés de leur famille et de leurs amis et de tisser des liens profonds avec leurs pairs.    
  • Certains peuvent également pouvoir représenter leur identité culturelle dans leur milieu de travail.   

Principaux thèmes de la discussion 

Pratiques et savoir autochtones concernant le feu 
Les panélistes ont discuté des nombreuses manières pour le feu de s’entremêler aux cultures autochtones. Traditionnellement, le feu s’utilise à différentes fins, notamment pour cuisiner, chauffer, purifier et lors d’autres cérémonies, et dans la gestion de la terre et des forêts. Selon de nombreux points de vue autochtones, on ne doit pas avoir peur du feu : «il fait partie de l’humanité et l’humanité en fait partie», remarque l’Aîné Courtoreille, un gardien du savoir sur le feu et pompier forestier depuis 47 ans.   

Certaines cultures autochtones utilisent le terme «bon feu» pour décrire les pratiques traditionnelles de brûlage qui consistent à brûler à faible intensité, de manière intentionnelle et saisonnière, les broussailles qui nuisent à la santé de la forêt. Avant la colonisation, les pratiques culturelles de brûlage fondées sur le savoir intergénérationnel et expérimental constituaient une façon efficace de contrôler les feux de forêt et d’assurer la santé des forêts et des alentours.  

Comme l’a noté Jonas Joe, un technicien en feux de forêt et pompier forestier depuis 20 ans, les équipes d’incendie autochtones demandent encore l’avis des Aînés qui possèdent un savoir fondé sur l’histoire et connaissent quels brûlages traditionnels ont eu lieu dans le passé et pourquoi. Ils peuvent aussi aider à déterminer les endroits où le brûlage dirigé pourrait être bénéfique. 

L’impact de la colonisation sur la gestion des terres et le brûlage dirigé.  
Natasha Caverley a effectué de la recherche sur l’histoire des pompiers forestiers autochtones au Canada. Elle a expliqué qu’au début des années 1900, les politiques colonialistes de gestion des terres exigeaient que les peuples autochtones s’engagent légalement à lutter contre les feux près de leurs maisons. En cas de non-respect, ils encouraient des amendes ou même de la prison. Dans les années 70’s et 80’s, la lutte contre les feux de forêt est devenue un choix de carrière préféré pour plusieurs Autochtones. Un grand nombre de pompiers autochtones aimaient la nature saisonnière de l’emploi, et profitaient de l’occasion d’accomplir un travail dont bénéficiaient directement leurs territoires et leurs communautés. Un changement s’est produit dans les années 90’s, remarque-t-elle. Le recrutement a pris un virement plus «paramilitaire» à ce moment, évoquant l’engouement et l’excitation, et minimisant les valeurs qui attiraient les hommes et les femmes autochtones au travail en incendie, dont les relations entre les personnes et le territoire, par exemple.  

Au 20e siècle, la plupart des politiques canadiennes en lutte contre les incendies ont priorisé l’extinction des incendies, explique Natasha. Cela a empêché les communautés autochtones de pratiquer le brûlage dirigé et mis fin aux feux qui auraient dû débroussailler le paysage. L’Aîné Courtoreille note qu’une stratégie importante derrière la répression visait à protéger les ressources de bois d’œuvre. Kieran Davis, ancien pompier forestier et actuellement coordonnateur des urgences sociales pour le Grand Treaty #3, a comparé l’extraction des ressources par les colons aux points de vue traditionnels des Autochtones : «On prend ce dont on a besoin et c’est tout. On ne prend pas tout ce qu’on veut de la terre… on ne prend que ce dont on a besoin. » 

Kiran ajoute que plusieurs des notions et des outils utilisés dans la lutte contre les feux de forêt, comme le brûlage dirigé et le savoir sur le comportement du feu, proviennent des cultures autochtones. Selon l’Aîné Courtoreille : «Dans cette province (Alberta) on a dit que les services de lutte contre les feux de forêt ne seraient pas ce qu’ils sont sans l’implication et la contribution des Autochtones, dans le domaine. » 

Malgré leur grande expérience pratique et leurs connaissances importantes, on a largement marginalisé les pompiers forestiers autochtones et le savoir-faire qu’ils ont contribué à la lutte contre les feux de forêt, durant cette période. 

Points de vue des pompiers forestiers autochtones
Natasha a réalisé une étude multidisciplinaire inédite sur les expériences vécues, les besoins et les priorités des pompiers forestiers autochtones au Canada, intitulée Giving Voice to Cultural Safety of Indigenous Wildland Firefighters in Canada. Avec ses collègues, elle a mené divers entretiens, sondages et cercles vertueux, auprès de pompiers forestiers autochtones. Plusieurs participants ont mentionné une frustration constante face au manque de possibilités d’avancement de carrière, aux expériences de racisme, et aux attitudes discriminatoires envers les cultures autochtones et le savoir écologique. Plusieurs personnes ont exprimé leur préoccupation quant aux effets à long terme du combat contre les incendies forestiers sur la santé mentale et physique, ainsi que sur le stress lié à l’avoir «échappé belle» et sur le danger de subir une blessure au travail. D’autres facteurs font que la lutte contre les feux de forêt reste un emploi de choix pour plusieurs. Les participants disent que ce qui les retient dans l’emploi inclut : la possibilité d’aider leurs communautés et leurs peuples dans une période difficile; l’occasion d’être près de la terre et d’agir comme gardien ou gestionnaire; et l’occasion de travailler auprès d’amis et de membres de leurs familles.  

En s’inspirant de ses propres expériences en lutte contre les feux de forêt, Kieran a décrit les difficultés de passer de longues semaines et de long mois sur le terrain. ‘…Devoir passer tout l’été sans peut-être même passer un total d’une semaine à la maison m’a accablé, parce que je m’ennuyais tellement de tout ce qui se passe à la maison», affirme-t-il. Pareillement, sa famille s’inquiétait pour sa sécurité. L’Aîné Courtoreille a mentionné ce qu’il appelle «l’impact humain», la désolation de voir l’impact des feux sur les communautés vulnérables ou même sur sa propre communauté et sa famille. Comme l’a fait remarquer Kieran, «travailler auprès de populations vulnérables, de gens qui ne veulent pas abandonner leurs maisons a aussi une incidence.»  

En tant que personne bispirituelle, et homme trans, Kieran a fait face à beaucoup d’animosité sur le terrain. «Dans le monde des cols bleus, être ouvertement trans ou bispirituel peut parfois mettre votre sécurité en danger», dit-il… Et, par conséquent je pense qu’une des principales raisons pour laquelle je ne suis plus pompier forestier est, je crois, due au fait d’avoir subi trop d’intimidation et de harcèlement. » 

Santé mentale, bien-être et résilience dans la lutte contre les feux de forêt 
Natasha a insisté sur l’importance essentielle de la «sécurité culturelle» pour la santé mentale et le bien-être des pompiers forestiers autochtones. Des milieux de travail culturellement sécuritaires sont des espaces inclusifs où les personnes peuvent s’affirmer dans leur identité et se sentir respectées pour qui elles sont. Elle explique : «Dans le contexte de la lutte contre les feux de forêt autochtones, le travail consiste à honorer le savoir écologique autochtone, les pratiques et les coutumes culturelles, et à cocréer un milieu de travail inclusif, respectueux où vous pouvez être vous-même, sans craindre quelque forme de représailles.» Elle a parlé du rôle essentiel de la direction (p. ex., les superviseurs) pour assurer ce genre de milieu, et «favoriser une culture de respect mutuel et de confiance. » Dans le domaine de la lutte contre les feux de forêt, où les enjeux se révèlent «si importants» et la sécurité est en jeu, avoir confiance en ses coéquipiers s’avère essentiel, ajoute-t-elle. «Vous savez, si les gens vous rabaissent, vous faisant sentir moindre, alors comment pouvez-vous avoir confiance que chacun puisse aussi réellement appliquer toutes les compétences techniques?»  

Plusieurs panélistes ont insisté sur l’importance de leurs pairs dans la lutte contre les feux de forêt pour maintenir leur santé mentale et leur bien-être. Dans la lutte contre les feux de forêt, les collègues «deviennent comme une famille». L’Aîné Courtoreille a mentionné : «Tout ce que vous vivez, ils le partagent avec vous, et vous le vivez également avec eux. Jonas a répété l’importance des mentors, de bonnes relations, et du soutien par les pairs. Il a mis en évidence la nécessité de faire confiance en ses collègues et aux systèmes en place pour protéger les travailleurs. » Kieran a expliqué l’importance des pratiques culturelles autochtones qui l’ont aidé à maintenir son bien-être : comme communier avec la nature, assister aux cérémonies, et rechercher des pratiques médicinales, comme la purification par la fumée.  

L’Aîné Courtoreille, Jonas et Kieran ont tous remarqué quelque chose d’unique concernant la lutte contre les feux de forêt qui les a gardés dans la profession. Jonas mentionne, «J’aurais pu quitter et faire autre chose. Cependant, il y a vraiment quelque chose que j’aime dans cet emploi. Et vous retournez sans cesse au feu. C’est une partie très importante de ma vie parce qu’elle m’enseigne tellement qui je suis et ce que je peux apprendre dans la vraie vie.»
   

 

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