Sommaires de recherche

Différences des symptômes de troubles de santé mentale parmi les membres du personnel policier

Mots-clés: Anxiété, Dépression, TPST, Sex Differences, Sleep, Stress

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Pourquoi avoir effectué cette étude?

La recherche démontre que 34 % des membres des services policiers provinciaux et municipaux ont obtenu un test positif pour au moins un trouble de santé mentale, comparativement au 10 % pour la population générale. De ce groupe, les policières sont plus susceptibles d’éprouver des symptômes.

Certains facteurs comme les troubles du sommeil accrus, un stress plus élevé, et un faible soutien social sont associés à des symptômes plus sévères de trouble de santé mentale, autant dans la population générale que parmi les policiers. Cependant, nous ne comprenons pas encore les différences entre les sexes en ce qui concerne le lien entre ces facteurs de risque et la santé mentale du personnel policier.

L’objectif de la présente étude était de déterminer si les facteurs de risque, comme les troubles du sommeil, le stress élevé, et un faible soutien social, jouent un rôle sur les différences des symptômes de trouble de santé mentale entre les sexes, qu’on a constaté parmi le personnel policier. On s’attend à ce que ces facteurs de risque permettent d’expliquer le nombre élevé de tests positifs obtenus parmi les femmes, comparativement à celui des hommes.

Qu’est-ce que l’étude a accompli?

Les données utilisées dans cette étude provenaient d’un vaste sondage d’auto-évaluation en ligne examinant de nombreux aspects du travail et de la santé mentale du personnel de la sécurité publique (PSP). Aux fins de l’étude, les chercheurs ont examiné les réponses de 1174 membres des services de police municipaux et provinciaux à des évaluations pour le Trouble d’anxiété généralisée (TAG), le Trouble dépressif caractérisé (TDC), le Trouble de stress post-traumatique (TSPT), le Trouble panique (TP), le Trouble d’anxiété sociale (TAS), ainsi que le Trouble de l’usage d’alcool (TUA). Des évaluations portant sur l’insomnie, le stress lié au travail policier, et le soutien social ont été incluses dans les analyses.

Qu’a-t-on découvert?

  • Tous les participants qui avaient déclaré des niveaux plus élevés de symptômes de trouble de santé mentale ont aussi rapporté un soutien social perçu plus faible, un niveau plus élevé de stress lié au travail, et des niveaux plus élevés de trouble du sommeil.
  • Les femmes policières ont rapporté des niveaux significativement plus élevés de soutien social perçu et de troubles du sommeil. Elles ont aussi présenté des niveaux considérablement plus élevés de symptômes de TAG, de TDC, de TP et de TAS.
  • Les policiers ont rapporté des niveaux plus élevés de symptômes de TUA.
  • La relation avec les niveaux de soutien social perçus et la qualité du sommeil associait directement le sexe aux symptômes de TSPT, de TDC, de TAG, de TP, et de TUA, mais pas la relation avec le stress lié au travail policier. Les policières qui avaient rapporté des niveaux plus élevés de soutien social présentaient moins de symptômes de TSPT, de TDC, de TAG, de TP, et de TUA, alors que les policières dont la qualité de sommeil était moindre ont rapporté des symptômes plus élevés de ces troubles.
  • Les chercheurs ont établi le lien attendu entre le sommeil et le soutien social. Toutefois, les résultats n’ont pas démontré la relation attendue entre les symptômes de trouble de santé mentale et le stress lié au travail policier. Étonnamment, les chercheurs ont aussi découvert que les policières présentant des niveaux plus élevés de soutien social perçu ont tout de même rapporté des niveaux de symptômes plus élevés de trouble de santé mentale que leurs homologues masculins.

Quelles mesures prendre maintenant?

Les résultats de cette étude donnent un différent point de vue sur les facteurs complexes qui entraînent les symptômes de trouble de santé mentale chez le personnel policier, ainsi que les différences entre les hommes et les femmes.

Il est important de noter que les auto-évaluations ont leurs limitations, comme le fait de sous-rapporter ou de surrapporter, et l’échantillonnage unique. Aucun lien n’est apparu entre le stress lié au travail policier et les troubles de santé mentale. Ce résultat pourrait être dû au fait que le personnel policier s’est habitué au stress de l’emploi. Alors que les policières ayant un soutien social perçu élevé ont quand même rapporté des niveaux élevés de symptômes de trouble de santé mentale, il est néanmoins important de garder en tête le fait que l’étude n’a pas examiné le soutien professionnel perçu, ce qui pourrait avoir un impact plus important sur la santé mentale que le soutien personnel perçu. Dans l’ensemble, l’étude montre les différences des symptômes de santé mentale entre les sexes, qui pourraient être associées au soutien social et à la qualité du sommeil. Afin de nous permettre de mieux comprendre cette question complexe, d’autres études devraient être effectuées.

La formulation originale de cette étude a été modifiée et abrégée pour ce sommaire de recherche.


Étude d’origine :

Angehrn, A., Vig, K. D., Mason, J. E., Stelnicki, A. M., Shields, R. E., Asmundson, G. J. G. & Carleton, R. N. (2021). Sex differences in mental disorder symptoms among Canadian police officers: The mediating role of social support, stress, and sleep quality. Cognitive Behaviour Therapy

Sommaire préparé par E. Kossick, édité et révisé par B. Barootes et A. Angehrn.

Note : Dans le texte, le genre masculin est utilisé au sens neutre et désigne les femmes autant que les hommes.

 

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